Un ancien général français, Jean Varret, fait des nouvelles révélations sur la position française lors du génocide des Tutsis. L’ex-chef de la mission de coopération militaire française au Rwanda dit s’être opposé au soutien que Paris apportait au président Habyarimana, mais sans succès.

Selon l’officier, aujourd’hui âgé de 84 ans, le chef d’état-major de la gendarmerie rwandaise, le colonel Pierre-Célestin Rwagafilita, lui aurait dit dès 1990 que la minorité tutsie devait être « liquidée ». C’est à nos confrères de la radio France Inter et du média en ligne Médiapart que le général Varret s’est confié. Près de 25 ans plus tard, il revient sur le génocide des Tutsis au Rwanda et évoque le rôle que la France.

Il revient notamment sur un tête-à-tête qu’il a eu avec le colonel rwandais, Pierre-Célestin Rwagafilita : « Et là, il me dit : ‘On est en tête-à-tête, on est en militaires, on va parler clairement. Je vous demande ces armes, car je vais participer avec l’armée à la liquidation du problème’. Devant mon étonnement, il dit : ‘Le problème, il est très simple. C’est que les Tutsis ne sont pas très nombreux, on va les liquider’. Il me dit ça très clairement. »

Risque réel

Pour le général Varret, le risque de génocide était donc réel. Il dit d’ailleurs avoir fait remonter cette information du côté de l’armée française. Des responsables qui n’auraient pas donné suite : « Aucune. Parce qu’ils n’ont pas voulu prendre en compte les risques de cette politique de soutien à HabyarimanaBien malheureusement, l’histoire a prouvé que c’était une faute, plus qu’une erreur, puisque ça a débouché sur un génocide. »

Le mois prochain, le Rwanda s’apprête à commémorer les 25 ans du génocide. Le président français est officiellement invité. L’Elysée n’a, pour l’instant, pas fait connaitre sa réponse. Emmanuel Macron a simplement répondu que la France serait représentée.

RFI